
M. WARD ET AL.
En général, le handicap lors d’activités quotidiennes augmente dans le cas de la spondylarthrite avec la durée de la maladie. Le handicap repose la plupart du temps sur le raidissement croissant de la colonne vertébrale. Une respiration restreinte et une inflammation des hanches ou d’autres articulations en dehors de la colonne vertébrale peuvent aussi contribuer au handicap.
Les processus inflammatoires de la spondylarthrite apparaissent généralement d’abord dans la région lombaire de la colonne vertébrale et seulement ensuite dans la colonne cervicale et éventuellement dans les hanches. La nature du handicap peut donc changer avec le temps. Il n’a jusqu’à présent pas été étudié comment le handicap dépend des modifications osseuses dans différentes régions du corps.
Dans cette étude, les auteurs ont étudié le rapport entre les modifications osseuses et le handicap dans le cas de la spondylarthrite, afin de répondre aux questions suivantes:
- Le handicap est-il lié à des degrés divers au raidissement osseux à différents stades de la maladie?
- Quelle est l’importance de la contribution de la colonne lombaire, de la colonne cervicale et de l’implication des hanches au handicap à différents stades de la maladie?
801 patients ont participé à cette étude. Pour tous les participants, existaient des radiographies du bassin et de la colonne vertébrale ainsi que des questionnaires remplis concernant les antécédents médicaux. Les patients avec une opération de la colonne vertébrale étaient exclus.
Le raidissement augmente avec l‘âge
Les modifications de la colonne lombaire, de la colonne cervicale et des hanches visibles sur la radiographie ont augmenté avec la durée de la maladie. 72 % des patients se trouvant dans les dix premières années de la maladie avaient une colonne vertébrale inchangée. Ceci contre 5 % lors d’une durée de la maladie de 40-50 ans. Après autant d’années, 23 % avaient une colonne vertébrale entièrement raide.
La colonne cervicale était dans les dix premières années de la maladie encore inchangée chez 65 %, par contre après 40-50 années plus que chez 12 %. 34 % avaient une colonne cervicale entièrement raide après autant d’années.
La part de personnes dont les hanches étaient touchées était de 23 % dans les dix premières années de la maladie. Après 40 ans, elles étaient 48 %.
Modifications osseuses et handicap
Lorsqu’on regroupe tous les patients indépendamment de la durée de la maladie, l’étendue des modifications osseuses aussi bien dans la colonne lombaire que dans la colonne cervicale et les hanches contribue au handicap. En outre, le rapport entre raidissement et handicap diminue avec la durée de la maladie.
Une telle influence de la durée de la maladie n’a pas pu être observée pour la dépendance du handicap du degré d’implication des hanches. Les auteurs n’ont également pas trouvé de différence entre les sexes en ce qui concerne le rapport entre le handicap et le raidissement osseux.
Sections de la colonne vertébrale et hanches
Durant les 20 premières années de la maladie, c’étaient avant tout les modifications osseuses de la colonne lombaire qui contribuaient de manière significative au handicap, dans la troisième décennie avant tout les modifications de la colonne cervicale et à partir de 30 années avant tout l’implication des hanches. A côté de cela, des maladies concomitantes contribuaient aussi de manière importante au handicap. Après plus de 40 années de la maladie, le handicap moyen est le plus grand et dépend avant tout du nombre de maladies concomitantes.
Habitué à la colonne vertébrale raide?
Le fait que le handicap dépend moins du raidissement de la colonne vertébrale à un stade avancé qu’à un stade précoce pourrait signifier qu’il n’y a dans le questionnaire correspondant pas assez de questions concernant les handicaps reposant sur le raidissement de la colonne vertébrale à un stade avancé. Une explication possible est aussi celle que les patients se sont habitués à la colonne vertébrale raide après une longue durée de la maladie et qu’ils la ressentent en raison des possibilités de compensation comme moins invalidante qu’à des stades plus précoces de la maladie, durant lesquels les patients sont nouvellement confrontés aux conséquences du raidissement.
L’implication des hanches joue après une longue durée de la maladie un plus grand rôle dans l’évaluation du handicap que le raidissement de la colonne vertébrale. Le fait pourrait y contribuer que l’implication des hanches restreint les possibilités de compensation du raidissement de la colonne lombaire et aggrave de cette façon encore le handicap.
Que des maladies supplémentaires participent après plus de 40 années de maladie le plus au handicap peut être lié au fait que ces maladies deviennent de plus en plus fréquentes avec l’âge et contribuent également au handicap. Dans cette étude, les maladies concomitantes étaient très tôt un facteur de pronostic pour un handicap physique plus important.
Michael M. Ward, Thomas J. Learch, Lianne S. Gensler, John C. Davis jr. John D. Reveille et Michael H. Weismann, USA
De «Morbus Bechterew Journal» no 136, revue de la Société allemande de la spondylarthrite ankylosante (mars 2014)