Selon les directives de l’ASAS/EULAR pour le traitement de la spondylarthrite, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont les médicaments de premier choix. Dans les cas où les AINS, et lors d’arthrite psoriasique également les Disease Modifying Anti-Rheumatic Drugs (DMARD), par exemple la sulfasalazine ou le méthotrexate, et les injections locales de corticostéroïdes ne sont pas suffisamment efficaces, un traitement avec un anti-TNF alpha, par exemple avec de l’infliximab, de l’étanercept ou de l’adalimumab, et lors d’arthrite psoriasique aussi avec d’autres produits biologiques tels que l’apremilast, peut être envisagé. Un certain nombre d’études ont montré que les anti-TNF alpha réduisent efficacement l’activité de la maladie, ralentissent la progression
du raidissement osseux et améliorent la qualité de vie des patients. Comme
la cytokine (substance messagère) TNF alpha joue un rôle important dans la
défense contre les infections, son blocage peut cependant également être
associé à des effets secondaires considérables tels que des infections graves.
Dans un résumé d’études dans lesquelles la fréquence d’infection chez
les patients atteints de spondylarthrite traités par un anti-TNF alpha a été comparée à celle d’un placébo (un médicament fictif), Xu et al. 2017 ont trouvé un taux d’infection presque identique (22,3% contre 21,9%). Dans un autre résumé d’études dans lesquelles des patients atteints de spondyloarthrite ont été traités, Burmester et al. 2013 ont toutefois constaté un risque d’infection accru, avant tout chez les patients atteints d’arthrite psoriasique, bien que moins élevé qu’en cas d’arthrite rhumatoïde.
Dans ce contexte, la Dre Fabiola Atzeni et ses co-auteurs ont étudié
s’il existe des preuves d’un taux accru d’infections graves dans le registre des patients italien «Gruppo Italiano per lo Studio delle Early Arthritis» (GISEA), qui enregistre les patients traités avec un anti-TNF alpha.
Rhumes pas enregistrés
L’étude a porté sur 3321 patients atteints de spondylarthrite (1066 souffrant de spondylarthrite ankylosante, 1633 d’arthrite psoriasique, 66 d’inflammations articulaires associées à une inflammation intestinale chronique et 556 de spondylarthrite indifférenciée) ayant été traités avec des anti-TNF alpha entre 2003 et 2015. Un tiers des patients ont été traités
avec de l’infliximab, un tiers avec de l’adalimumab et un tiers avec de l’étanercept. En combinaison avec ces produits biologiques, 28 % ont également reçu des corticostéroïdes et 80 % au moins un DMARD. 63 % des
patients souffraient de comorbidités, la plupart d’entre eux de l’hypertension, une maladie thyroïdienne, du diabète sucré, une maladie cardiaque ou de l’ostéoporose. Les modifications du traitement de
la spondyloarthrite et les événements graves, en particulier les infections
mettant la vie en danger et nécessitant une hospitalisation et une antibiothérapie intraveineuse, ont été pris en compte. Les infections légères
comme les rhumes et autres, pour lesquelles le patient ne consulte généralement pas de médecin, ne sont pas incluses dans le registre et donc pas non plus dans cette étude.