Prendre au sérieux la fatigue comme symptôme de la spondylarthrite

La fatigue est un symptôme connu de la spondylarthrite ankylosante. Des chercheurs espagnols ont maintenant voulu savoir plus précisément quels facteurs sont responsables de cette fatigue. Ce n’est pas uniquement l’activité de la maladie.

12 janvier 2021
Prendre au sérieux la fatigue comme symptôme de la spondylarthrite

CLEMENTINA LÓPEZ-MEDINA ET AL.

Le but de l’étude était d’examiner la fatigue des patients atteints de spondylarthrite – y compris de spondylarthrite ankylosante – et d’analyser sa relation avec des facteurs liés à la maladie. Pour cela, 2‘251 patients (1‘546 hommes et 705 femmes) atteints d’une spondylarthrite d’une cohorte espagnole ont été examinés. A part le BASDAI (Bath Ankylosing Spondyloarthritis Disease Activity Index), des facteurs sociodémographiques, émotionnels et liés à la maladie ont été pris en compte. L’âge moyen des participants était de presque 48 ans et la durée de la maladie moyenne de 18 ans. Presque 57 % des patients remplissaient les critères de New York modifiés pour la spondylarthrite ankylosante.

Le caractère de la fatigue a été examiné à l’aide des critères BASDAI. Une fatigue «élevée» a été définie à partir d’une valeur de 5 (sur une échelle de 1 à 10). La valeur moyenne de la fatigue pour tous les patients était de 4.29. 63 % avaient une valeur faible (inférieure ou égale à 5 sur l’échelle BASDAI), et presque 37 % avaient une valeur élevée (supérieure à 5 sur l’échelle).

L’étude a montré que la fatigue doit avant tout être expliquée par les facteurs liés à la maladie et l’activité de la maladie (54 %), mais que le sexe et le statut émotionnel jouent aussi un rôle important chez 13.5 %.

Les composantes sociodémographiques comportent le sexe, l’âge, la durée de la maladie, l’appartenance ethnique, le statut de fumeur, l’état civil, le niveau de formation, le statut de travail ainsi que trois variables liées à l’entraînement.

Les douleurs nocturnes entraînent la fatigue

Les critères sociodémographiques ont montré que la fatigue apparaît plus souvent chez les femmes, chez les personnes mariées et chez les personnes exerçant un travail physique. L’âge et la durée de la maladie étaient également étroitement liés à une fatigue élevée. Aussi bien un niveau de formation plus élevé que du sport régulier se sont révélés être des facteurs protégeant contre la fatigue. Pas de différences n’ont été trouvées en ce qui concerne les facteurs de l’appartenance ethnique, du statut de fumeur ou des heures hebdomadaires d’activité sportive.

Un rapport important est celui entre les maux de dos inflammatoires et la fatigue. La fatigue peut être expliquée par les douleurs au repos nocturnes en raison desquelles les patients se réveillent régulièrement la nuit. La fatigue était moins fréquente chez les patients qui recevaient un anti-TNF alpha. Ceci peut être expliqué par le fait que le traitement avec un anti-TNF alpha mène en règle générale à l’amélioration d’autres variables liées à la fatigue, comme p. ex. le BASFI (Bath Ankylosing Spondylitis Functional Index), les douleurs dans la semaine précédente ou le questionnaire ASQoL (Ankylosing Spondylitis Quality of Life).

Sport modéré et approche interdisciplinaire

Bien que l’étude montre que les patients exerçant un travail physique ont d’importants niveaux de fatigue, une activité physique modérée comme la randonnée, la thérapie par le mouvement ou la natation est recommandée comme mesure préventive contre la fatigue des patients spondylarthritiques. Les résultats montrent par ailleurs que la fatigue est liée au statut émotionnel.

Les auteurs de l’étude concluent que l’approche interdisciplinaire doit encore davantage être poursuivie dans le quotidien clinique chez les patients atteints de spondylarthrite ankylosante ou d’une autre spondylarthrite. La fatigue devrait être comprise comme symptôme de cette maladie et mise sur un pied d’égalité avec les douleurs ou la raideur.

López-Medina, Clementina, et al. “Assessment of Fatigue in Spondyloarthritis and Its Association with Disease Activity.” The Journal of rheumatology (2016): jrheum-150832.