Peut-on diminuer la dose d’anti-TNFα?

Il est indéniable que les biomédicaments alpha bloquant ont sensiblement amélioré la qualité de vie de nombreux spondylarthritiques. A contrario, le coût élevé de ce traitement et l’inconnue quant à ses effets secondaires à long terme soulèvent la question de savoir si l’on peut diminuer le dosage.

1 avril 2019
Peut-on diminuer la dose d’anti-TNFα?

IGNAZIO OLIVIERI ET AL.

Les spondylarthritiques disposent actuellement de cinq anti-TNFα (Infliximab, étanercept, adalimumab, golimumab et certolizumab). Ces médicaments ont bien soulagé les douleurs de nombreux patients, améliorant dans la foulée la qualité de leur vie.

Et il y a aussi un même nombre de patients dont l’activité de la maladie a stoppé grâce aux biomédicaments. On parle alors de rémission. Cet état devrait être maintenu aussi longtemps que possible. Néanmoins, le coût élevé et les effets secondaires incertains de ce traitement posent une question: est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux réduire le dosage ou – avec le temps – stopper carrément le traitement? Avec pour but, une rémission sans médicaments.

Les auteurs italiens de cet essai avaient pour objectif de rassembler tout ce qui a été publié concernant la diminution ou l’arrêt d’un traitement aux anti-TNFα chez des spondylarthritiques (spondylarthropathie radiologique et non-radiologique).Ils voulaient tirer leurs propres conclusions.

Résultats analogues d’autres études

Baraliakos et al. ont examiné 42 patients traités trois ans durant aux anti-TNFα (infliximab). Tous ont cessé le traitement au bout de trois ans. Douze semaines plus tard, les douleurs de nature inflammatoire se sont manifestées chez 24% des patients (10 patients). Après 36 semaines, ce n’était pas moins de 90,5% (38 patients) qui ont fait une rechute. Et, après une année, il ne restait plus qu’un seul spondylarthritique qui se trouvait en rémission sans médicament. Relevons que tous les patients ont bien répondu à la reprise du traitement anti-TNFα après leur rechute.

Une étude de Brand et al. présentait des résultats similaires. Dix-huit patients sur 24 ont fait une rechute après douze semaines déjà sans traitement (étanercept). Ici aussi, la reprise du traitement a eu un effet positif correspondant.

Les résultats de Navarro-Compán et al. sont intéressants. Dans son étude, 16 patients ont suivi un traitement aux anti-TNFα à faible dose (25 mg d’étanercept par semaine et 50 mg tous les dix jours). Six mois plus tard, il n’a pas fallu augmenter la dose d’aucun des patients.

Recommandation: adapter la dose à chacun

Les auteurs en concluent qu’il vaut mieux ne pas interrompre le traitement de longue durée aux anti-TNFα des spondylarthritiques, car ces derniers font souvent une rechute dans les semaines ou les mois qui suivent. Bien plus prometteuse est la dose individuelle, du sur mesure donc, adapté à chaque patient.

Ignazio Olivieri, Salvatore d’Angelo, Angela Padula, Pietro Leccese, Angelo Nigro and Carlo Palazzi: «Can we reduce the dosage of biologics in spondyloarthritis?» Rheumatology Department of Lucania, San Carlo Hospital of Potenza and Madonna delle Grazie Hospital of Matera, Potenza and Matera, Italy.