Controverse sur les antirhumatismaux: réduisent-ils le risque de développer la maladie d’Alzheimer?

Depuis quelques années, on rencontre des études postulant un risque accru ou réduit de la maladie d’Alzheimer causé par la prise à long terme d’ibuprofène. Une nouvelle étude qui suppose une réduction du risque d’Alzheimer a maintenant été publiée. Mais les trop grandes attentes sont déconseillées.

6 juin 2019

Controverse sur les antirhumatismaux: réduisent-ils le risque de développer la maladie d’Alzheimer?

La substance active ibuprofène fait partie des antirhumatismaux non stéroïdiens (AINS), qui peuvent aussi jouer un rôle important dans la thérapie médicamenteuse de la spondylarthrite ankylosante. Ils sont habituellement le médicament de premier choix avant même que les anti-TNF alpha (médicaments biologiques) puissent être utilisés au cours de l’escalade thérapeutique.

Mais l’ibuprofène est également utilisé pour traiter les douleurs relativement légères, comme par exemple les maux de tête ou de dents, les problèmes menstruels ou pour réduire la fièvre. L’utilisation de la substance active est donc très répandue aussi bien dans la population générale que chez les patients spondylarthritiques. En plus du large domaine d’utilisation, les effets secondaires les plus fréquents de l’ibuprofène doivent être mentionnés. Il s’agit principalement de troubles gastro-intestinaux, allant de brûlures d’estomac à des saignements gastro-intestinaux.

Petit nombre de sujets

Une nouvelle étude a été publiée, selon laquelle le risque d’être atteint de la maladie d’Alzheimer est réduit par l’utilisation à long terme d’ibuprofène. La maladie d’Alzheimer (MA), du nom du neurologue Alois Alzheimer, qui l’a décrite pour la première fois en 1906, est une maladie dégénérative du cerveau qui se manifeste sous sa forme la plus courante chez les personnes de plus de 65 ans. Elle se caractérise principalement par une démence croissante, c’est-à-dire par des troubles de la mémoire à court terme, des capacités de réflexion, du langage, de la motricité et, dans certains cas, de la structure de la personnalité.

L’étude a porté sur un test de salive qui mesure la quantité de la protéine amyloïde bêta 42 (Abeta 42). Certains experts, dont les chercheurs de la présente étude, croient qu’un niveau Abeta 42 supérieur à la moyenne pourrait être un premier signe avant-coureur du développement de la maladie d’Alzheimer. Le test a été effectué chez 23 personnes atteintes et 31 personnes non atteintes de la maladie d’Alzheimer, ce qui est un nombre trop faible de sujets compte tenu de la complexité de la question pour pouvoir fournir des résultats fiables. De plus, il est également controversé dans quelle mesure un traitement préventif avec l’analgésique ibuprofène fait sens. Cela particulièrement dans le contexte des effets secondaires parfois graves mentionnés, comme par exemple les saignements gastro-intestinaux. Par ailleurs, les chercheurs n’ont pas étudié spécifiquement l’effet de l’ibuprofène, mais de divers médicaments du groupe des antirhumatismaux non stéroïdiens (AINS). Le principal objectif de l’étude était d’évaluer la pertinence du test de salive pour la détection précoce de la maladie d’Alzheimer.

Déclarations quasiment impossibles

Comme le test de salive n’a cependant été effectué qu’une seule fois pour chaque sujet, aucune déclaration ne peut être faite sur les fluctuations des valeurs d’Abeta 42 et aucune corrélation ne peut donc être établie entre la prise à long terme d’AINS et le risque de développer la maladie d’Alzheimer. En revanche, on savait déjà plus tôt que certains facteurs de risque peuvent contribuer au développement de la maladie. Il s’agit avant tout de l’âge, des antécédents familiaux, de blessures graves à la tête et de facteurs liés au mode de vie.

Sources:

McGeer, Patrick L., et al.: «Alzheimer’s Disease Can Be Spared by Nonsteroidal Anti-Inflammatory Drugs.» Journal of Alzheimer’s Disease Preprint (2017): 1-4.

https://www.nhs.uk/news/neurology/claims-ibuprofen-will-wipe-out-alzheimers-are-misleading/ (consulté le 5.7.2018)