Spondylarthrite et Covid-19: «Je me suis fait vacciner»

Bruno Breitschmid de Wohlen AG a 69 ans et est donc un peu plus de cinq ans en dessous de la limite d’âge officielle à partir de laquelle on bénéficie actuellement d’un accès prioritaire au vaccin contre le coronavirus. Mais selon l’OFSP, il devrait néanmoins se faire vacciner en raison de sa thérapie biologique. Il prend avec calme le fait que cela a au début été lié à quelques pannes de communication. Et il est content de partager ses expériences avec d’autres personnes concernées afin de les motiver à se faire vacciner.

Lars Gubler • 25 janvier 2021
Bruno-Breitschmid

Monsieur Breitschmid, quelles étaient vos raisons pour vous faire vacciner contre le coronavirus?

Pour moi, il était clair dès le début qu’il fallait se faire vacciner contre le coronavirus. Les principales raisons étaient pour moi d’éviter de tomber malade, ou de ne contracter qu’une maladie légère, et donc d’épargner le système de santé. Je pense que plus les gens se font vacciner, mieux on peut lutter contre la pandémie. Ce n’est que de cette manière que nous pourrons enfin retrouver notre liberté et, par exemple, voyager à nouveau, ce qui est un de mes grands passe-temps. Je considère la vaccination également comme un acte de solidarité.

En raison de votre thérapie biologique, vous êtes considéré comme un patient à risque et bénéficiez donc actuellement d’un accès prioritaire à la vaccination.

En raison de la thérapie biologique et d’antécédents médicaux, j’ai même été qualifié de «patient à haut risque» avant la vaccination. Cependant, cela ne me fait pas particulièrement peur. Enfant déjà, j’ai contracté une grave pneumonie, qui s’est répétée il y a environ deux ans. La toux et le rhume sont mes compagnons constants. Je pense aussi que les personnes souffrant de spondylarthrite ayant une colonne vertébrale raide ont tendance à avoir plus de mal à respirer librement. Comme je présente également d’autres facteurs de risque, notamment une légère hypertension artérielle et un risque de thrombose (thrombophilie), le Service de rhumatologie de l’Hôpital cantonal d’Aarau m’a inscrit pour la vaccination. Non pas que je sois spécialement anxieux, car après le confinement de l’année dernière, j’ai également de nouveau entrepris des voyages et des excursions en Suisse et en Allemagne – bien entendu dans le respect des mesures de protection du coronavirus.

Avez-vous été bien informé concernant votre accès prioritaire à la vaccination?

Lors de l’inscription en ligne, il était indiqué que vous ne pouviez vous faire vacciner que si vous aviez plus de 75 ans. Selon la stratégie de vaccination de la Confédération, toutes les personnes présentant certains antécédents médicaux ou suivant un traitement immunosuppresseur peuvent se faire vacciner – même si elles ont moins de 75 ans. Ces personnes, dont font donc également partie les personnes atteintes de spondylarthrite sous traitement biologique, ont besoin d’une confirmation de leur médecin pour s’inscrire à la vaccination. Je trouve cette procédure compréhensible. Il y a cependant eu beaucoup de confusion au niveau de la communication.

Avez-vous rapidement obtenu un rendez-vous pour la vaccination?

Après que les malentendus ont été dissipés et que j’ai eu la confirmation de mon médecin, j’ai obtenu étonnamment rapidement un rendez-vous au centre de vaccination. Cependant, la communication n’a toujours pas été optimale, car il y avait encore une fois marqué dans la confirmation du rendez-vous que vous ne pouviez vous inscrire à la vaccination que si vous aviez plus de 75 ans. J’ai donc emporté tous les documents au rendez-vous, avant tout bien sûr la confirmation de mon médecin.

Comment la vaccination s’est-elle déroulée concrètement? Y a-t-il eu des mesures de sécurité particulières?

La vaccination s’est déroulée sans problèmes. Je suis arrivé au centre de vaccination quinze minutes avant le rendez-vous. Bien qu’il y ait eu exprès une tente pour attendre, j’ai été immédiatement invité à entrer. Tout le personnel et les membres de la protection civile ont été très gentils. On remarquait qu’ils voulaient faire disparaître la peur d’éventuelles personnes sceptiques. Ils ne portaient pas de vêtements de protection spéciaux, seulement des masques et des gants. J’ai encore moins senti la vaccination que lors de la vaccination annuelle contre la grippe. Cela est peut-être aussi dû au fait que je suis habitué aux injections et aux perfusions en raison de la thérapie biologique. Après la vaccination, on doit encore rester sur place pendant un quart d’heure s’il devait y avoir des complications.

Que s’est-il passé ensuite?

Arrivé à la maison, j’ai bien sûr ressenti une légère douleur dans le bras où j’avais été vacciné – comme on le connait aussi d’autres vaccinations. Dans quelques semaines, la deuxième dose suivra. Ce n’est qu’ensuite qu’on bénéficie d’une protection de 95%.

N’avez-vous pas eu d’inquiétudes parce que le vaccin a été développé et approuvé en si peu de temps?

Non, j’ai assez confiance dans les personnes responsables du développement et de l’approbation des vaccins. Après tout, il y a déjà eu de nombreuses années de recherche sur cette technologie de vaccin. De plus, je me suis fait vacciner contre la grippe chaque année depuis que je suis sous traitement biologique et je n’ai jamais eu d’effets secondaires. Bien sûr, on ne sait pas encore grand-chose sur les éventuels effets à long terme du vaccin. L’important est qu’il améliore sensiblement la qualité de vie.

Que faites-vous d’autre pour rester en forme malgré la spondylarthrite et la pandémie?

Je suis souvent sur la route avec l’e-bike et j’ai aussi déjà participé aux vacances actives de la SSSA à Majorque. Pour l’hiver et parce que toutes les salles de sport sont fermées pour le moment, je me suis acheté un home trainer. Au niveau des exercices contre la spondylarthrite, je ne pense pas faire partie des personnes les plus appliquées. J’apprécie néanmoins beaucoup le fait qu’il existe de plus en plus d’options numériques pour la thérapie, par exemple grâce à la plateforme «Rheumafit».

Comment procéder pour la vaccination contre le coronavirus

La spondylarthrite ankylosante en soi n’est pas considérée comme un facteur de risque et ne permet actuellement pas d’accès prioritaire à la vaccination contre le coronavirus. Les thérapies immunosuppressives telles que les médicaments biologiques couramment utilisés en cas de spondylarthrite ankylosante, en revanche, sont considérées comme un facteur de risque et permettent un accès prioritaire à la vaccination contre le coronavirus. Si elles ont moins de 75 ans, ces personnes ont besoin d’une confirmation d’un médecin traitant pour obtenir un rendez-vous pour la vaccination.