
«Pendant mon apprentissage de charpentier, j’avais souvent mal au dos, ce que mon médecin de famille attribuait au surmenage dû à mon travail. J’ai par conséquent pris beaucoup d’analgésiques. Avec le recul, c’étaient des poussées de spondylarthrite. Je ne pouvais même plus mettre mes chaussettes, alors que j’étais encore très sportif dans ma jeunesse, que je jouais beaucoup au foot et que je faisais du skateboard.
Après l’apprentissage, je suis allé à l’école de recrues (ER), puis j’ai commencé l’école de sous-offi ciers. Mais au bout de deux semaines, j’ai été renvoyé chez moi, car il était évident que j’avais un problème de santé. À partir de ce moment-là, j’ai pour la première fois été examiné de manière approfondie et j’ai fi nalement reçu le diagnostic. J’étais très content de savoir enfi n de quoi je souffrais. Après un premier traitement antidouleur, j’ai commencé un traitement biologique, grâce auquel je n’ai pratiquement plus de douleurs depuis environ six ans. Néanmoins, l’adaptation à ma nouvelle vie avec la spondylarthrite a pris du temps. Depuis le diagnostic, je fais davantage attention à ma santé et je suis devenu plus sensible. Je ne m’impose plus autant d’obligations et j’essaie ainsi de réduire le stress. Après tout, je veux prendre soin de ma colonne vertébrale, qui me porte tout au long de ma vie. Depuis que je suis marié et que j’ai deux enfants, je suis aussi devenu beaucoup plus calme.
Charpentier était le métier de rêve
Malgré les fortes douleurs d’autrefois, j’ai continué à exercer mon métier de charpentier pendant longtemps. Lorsque le sujet de la reconversion est devenu actuel, je me suis d’abord montré réticent. J’ai eu du mal lors du choix professionnel, car je ne voulais pas être dépendant et que charpentier était le métier de mes rêves, mais le fait de soulever des objets lourds et les conditions météorologiques parfois défavorables mettent le corps à rude épreuve. Depuis presque deux ans, je suis maintenant une formation en cours d’emploi pour devenir technicien en construction bois, en travaillant trois jours comme stagiaire dans une entreprise de construction bois et en suivant un jour et demi la Haute école spécialisée. C’était une bonne décision et le soutien m’a enlevé beaucoup de pression. Depuis le Corona, les cours qui se déroulaient auparavant à Ziegelbrücke ont lieu virtuellement. Je suis donc plus souvent à la maison et je peux aider ma femme, qui est infi rmière diplômée, à s’occuper des enfants.
Au bureau, je crée des plans à l’aide de la CAO (conception assistée par ordinateur) et je prépare les projets qui sont ensuite mis en oeuvre par d’autres charpentiers et charpentières. Il est très précieux que je connaisse moimême ce travail et que j’aie beaucoup de connaissances de base. J’apprécie beaucoup le contact avec le secteur et mes collègues. Lorsque le temps est agréable, travailler à l’extérieur me manque parfois.
«Cinq minutes, mais régulièrement»
Le fait de travailler au bureau signifi e que je fais moins d’exercice qu’avant, mais en contrepartie, je fais à nouveau un peu plus de sport. De plus, je fais des exercices Bechterew spécifi ques tous les jours. Seulement pendant environ cinq minutes, mais régulièrement. Je profi te également du fait que nous vivons juste à côté de la rivière Töss, le long de laquelle nous pouvons nous promener le soir.
Ma femme et moi nous connaissons déjà depuis l’école et nous avons plus tard fait ensemble un tour du monde pendant plus d’un an. L’un de nos loisirs est de faire de la moto. Par ailleurs, j’ai suivi une formation de plongeur de sauvetage et effectué près de 200 plongées. J’ai également un permis de pêche et j’aime aller à la pêche de temps en temps. En plus de cela, j’aime cuisiner ou jouer avec les enfants. Lors de notre voyage autour du monde, nous avons aussi développé nous-mêmes des jeux, que nous apprécions toujours.»
Cet article a été publié pour la première fois dans la revue «vertical» No 89.